Céramiste depuis plus de 20 ans, je privilégie une esthétique brute où la terre reste toujours visible, sans émail. Mon travail s'articule autour de deux grands axes, constructions et dégradations, entre rigueur formelle et altération des matériaux, donnant naissance à des sculptures qui oscillent entre architectures et ruines.
Ma démarche met en jeu la mémoire, la transformation, le temps et les marques laissées par celui-ci,
J'utilise différentes couleurs de terre et travaille essentiellement à la plaque où dominent les formes et la matière. Toujours en quête d'expérimentations j'ajoute des oxydes dans la masse et/ou en jus plus ou moins chargé, je mélange terre et papier pour certaines pièces afin d'y ajouter des éléments métalliques, j'asperge de vinaigre, je gratte, je raye, je perce, j'arrache, autant de gestes pour dire la dégradation et l'inexorable finitude de toute chose.
L'inspiration est partout de façon plus ou moins consciente. D'un voyage à Rome surgira Colisée, du souvenir d'un tableau de Brueghel émergera Babel...et c'est toute une série qui naît avec les Boîtiments. Influencée également par les paysages industriels et les formes issues de la Révolution industrielle du XIXe siècle, j'explore des volumes à la fois massifs et fragmentés, évoquant des structures bâties, des vestiges ou des élévations. L'influence des séries photographiques des époux Becher se retrouve dans mon approche typologique des formes, tandis que la matérialité expressive de Jean Fautrier, les Matériologies de Jean Dubuffet nourrissent mon rapport à la surface, à la matière.